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Cancer du sein : l'alcool responsable ?

Photo du rédacteur: Marie
Marie
il y a 5 jours
3 min de lecture

Alcool et cancer du sein : que dit la science

Pendant longtemps, l'alcool a surtout été associé aux maladies du foie ou aux problèmes cardiovasculaires. Pourtant, depuis plusieurs décennies, la recherche a mis en évidence un autre effet : l'alcool augmente le risque de cancer du sein. Aujourd'hui, ce lien est considéré comme scientifiquement établi mais reste pourtant peu connu.


cancer du sein et alcool
Cocktail - C@ Svitlana

Un facteur de risque dans des centaines d'études

Le cancer du sein est LE cancer le plus fréquent chez la femme à travers le monde. Parmi les nombreux facteurs de risque identifiés, certains ne peuvent être modifiés, comme l'âge, les prédispositions génétiques ou certains antécédents familiaux. L'alcool, en revanche, fait partie des facteurs sur lesquels il est possible d'agir.

Les études épidémiologiques menées sur plusieurs centaines de milliers de femmes montrent de manière constante qu'une consommation plus élevée d'alcool s'accompagne d'un risque accru de développer un cancer du sein.

À partir de quelle quantité le risque augmente-t-il ?

L'un des éléments les plus importants mis en avant par les chercheurs est qu'il n'existe probablement pas de seuil clairement protecteur. Contrairement à une idée encore largement répandue, le risque n'apparaît pas seulement chez les grandes consommatrices.

La littérature scientifique indique qu'une augmentation de la consommation d'environ 10 grammes d'alcool par jour, soit l'équivalent d'un verre classique, s'accompagne d'une hausse mesurable du risque de cancer du sein. Même les consommations qualifiées de « modérées » dans le langage courant peuvent contribuer à augmenter le risque sur le long terme.

Cela ne signifie évidemment pas qu'un verre occasionnel provoquera un cancer, mais plutôt que le risque augmente progressivement avec l'exposition cumulée au fil des années.

Comment l'alcool favorise-t-il le cancer du sein ?

Les chercheurs ont identifié plusieurs mécanismes biologiques.

1) Le premier concerne les hormones sexuelles. La consommation d'alcool tend à augmenter les concentrations circulantes d'œstrogènes. Or, de nombreux cancers du sein sont dits « hormonodépendants », c'est-à-dire qu'ils utilisent ces hormones pour stimuler leur croissance.

2) Le deuxième mécanisme implique l'acétaldéhyde, une substance produite lorsque l'organisme dégrade l'alcool. Cette molécule est reconnue comme cancérogène et peut endommager l'ADN des cellules. Lorsque les mécanismes de réparation sont dépassés, ces altérations génétiques peuvent favoriser le développement de cellules cancéreuses.


3) Enfin, l'alcool favorise également le stress oxydatif et l'inflammation chronique, deux phénomènes biologiques impliqués dans de nombreux processus liés aux cancers (divers, pas uniquement celui-ci).



Vin rouge, bière ou alcool fort : y a-t-il une différence ?

Excellente question ! On pense notamment au vin rouge et ses polyphénols protecteurs contre le stress oxydatif.

À ce jour, les données scientifiques ne permettent pas de conclure qu'un type d'alcool serait protecteur vis-à-vis de ce cancer. Les études suggèrent que c'est avant tout l'éthanol lui-même qui est en cause... donc peu importe le type d'alcool.

Autrement dit, du point de vue du risque de cancer du sein, le principal déterminant reste la quantité totale d'alcool consommée.

La durée de consommation compte autant que la quantité

Elément important : les travaux les plus récents montrent que ce n'est pas seulement la consommation actuelle qui importe, mais également l'histoire de consommation tout au long de la vie.

Une étude danoise publiée en 2024 (vous avez le lien en-dessous) a montré que les femmes ayant eu une consommation élevée pendant plusieurs décennies présentaient un risque supérieur de cancer du sein après la ménopause. Cette observation renforce l'idée que l'exposition cumulée au fil des années joue un rôle majeur.

Alors la vraie question est la suivante : faut-il arrêter de boire ?

D'un point de vue strictement cancérologique, moins on en consomme, plus le risque est faible mais l'OMS et le Centre international de recherche sur le cancer considèrent aujourd'hui que l'on ne peut pas définir de seuil totalement sans risque pour les cancers liés à l'alcool.

Cependant, il est important de garder une vision équilibrée du risque, qui va dépendre aussi de nombreux autres facteurs : l'âge, le poids, l'activité physique, la prédisposition génétique, les traitements hormonaux, les perturbateurs endocriniens ou encore la densité mammaire. Ne pas consommer d'alcool a de nombreux (autres) bénéfices : plus d'énergie, moins d'inflammation, meilleur sommeil, etc. mais ne culpabilisons pas de profiter d'une coupette de temps en temps si cela nous fait envie. Conclusion : l'alcool n'est qu'un facteur parmi d'autres, mais c'est l'un des rares sur lequel il est possible d'agir directement... ...et si vous souhaitez garder le plaisir du partage, des beaux cocktails mais sans alcool, retrouvez mes recettes de mocktails, 0 alcool, 100% plaisir. --> Collection mocktail comme un Gin'to --> Collection mocktail : le vin chaud



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